23 octobre 2007      



Heureusement, les Rousses
sont toutes des sorcières !


Paul MOMBELLI



Au moins deux tentatives de banalisation de la rousseur ont eu lieu récemment par édition littéraire interposée. L’une, par une universitaire qui se lança dans une analyse critique très fine de la littérature universelle consacrée aux Roux ; l’autre, par une romancière maîtrisant mieux les lois du roman à succès que de l’analyse.

Valérie André Valérie ANDRE :
Réflexion sur la question rousse


Les roux puent, surtout par mauvais temps. Les rousses, c’est sûr, ont le diable au corps. Et Poil de carotte était intenable.
Autant de clichés qui ont la vie dure, depuis des siècles : les Égyptiens, qui savaient ce qu’ils faisaient, ne sacrifiaient-ils pas les roux à leurs dieux ? Le traître Judas n’était-il pas rouquin ? De fait, la prévention qui touche la rousseur est ancestrale, et continue de bien se porter. Pourquoi, comment ? Valérie André, avec science et pugnacité, s’attaque à l’idée reçue que les roux ne sont pas comme nous, comme vous. Elle la débusque dans les lieux les plus insolites, au détour d’un traité de médecine, d’une expression proverbiale, d’une peinture liturgique, un portrait de Marie-Madeleine par exemple ; et surtout au cœur de la littérature parfois la mieux intentionnée, mais si lourde de préjugés. À quoi expose une pilosité sulfureuse et aléatoirement répartie ? Les tenants et aboutissants de la condition, mieux, de l’identité rousse, appelaient des réflexions de fond en même temps que des études de cas. C’est à quoi, dans un travail pionnier, s’attache avec fougue et talent Valérie André, qui n’a pas la plume dans sa poche. Les roux apprécieront, les autres jugeront et, peut-être, se repentiront.


Valérie BONNIER Valérie BONNIER
Toutes les rousses ne sont pas des sorcières

Rousse, sensuelle, Clarisse affiche un humour ravageur et un goût inné pour la mode. Un matin, elle décide de prendre son destin en main, réussir sa vie, devenir une styliste célèbre.
Mais le destin ne se laisse pas si facilement manipuler. Surtout quand l'homme séduisant qui peut la faire grimper au sommet de la gloire lui résiste. Commence alors entre eux un cocasse et délicieux combat entre amour et ambition. Lequel des deux va gagner ? Elle ou lui ?… À coups de caresses, de quiproquos, de surprises, l'avenir de la jeune femme va se nouer au fil d'une aventure passionnelle et professionnelle.
Sorcière au cœur tendre, quel secret cache-t-elle en trottinant sur le pavé parisien, insolemment moulée dans des robes aux couleurs incandescentes. Clarisse parviendra-t-elle à dénuder son âme en habillant son corps ? Osera-t-elle aimer celui qui l'aime, et renoncer alors à la célébrité ?
" Toutes les rousses ne sont pas des sorcières " est l'histoire d'une jeune femme d'aujourd'hui, libre, drôle, ambitieuse, qui cherche son destin sur les podiums des défilés de mode, et dans les bras d'un homme que toutes les femmes aimeraient rencontrer…


Contrairement à ce que laisse présager le titre, l’héroïne, Clarisse, est décrite comme une « sorcière au cœur tendre » et ne semble pas vouloir se fondre dans la masse des autres femmes. Je ne retiendrai donc que le titre dans ce qu’il a de provocateur.

Je peux très bien comprendre qu’un Roux ou qu’une Rousse, qui ont subi un rejet en raison de leur rousseur étant enfants, puisse désirer se noyer dans la masse des blonds et des châtains, quand il a la possibilité de le faire. Mais, le zélateur de Rousses, qui est en moi, le vieil obsédé qui a fantasmé toute sa vie durant sur les charmes et sur les mystères, liés à la rousseur d’une femme, ne pourra jamais être du même avis. Et heureusement, ma position privilégiée aux commandes du site roussesland.com, devenu un classique, me permet de converser avec de nombreuses Rousses qui ont la même vision de leurs particularités que moi.
Oui, une Rousse qui n’est pas une sorcière ne m’intéresse pas !

Quand je dis « une sorcière », il faut me comprendre. Je veux évoquer toutes les rumeurs que l’on a fait courir sur les Rousses depuis le lointain Moyen-âge et bien au-delà et qui ont servi à justifier les persécutions qu’on leur a imposées. Persécutions allant de la simple mise à l’écart au bûcher des sorcières.
J’oserai dire qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Loin de chercher à les rejeter sous couvert de la raison, je crois que ces demoiselles et dames doivent accepter ces rumeurs comme des évidences, voire comme des compliments.

Or, s’il est de ces rumeurs qui sont plutôt valorisantes et qu’elles n’ont pas de mal à admettre, il en est d’autres qui sont plus douteuses, du moins dans leur présentation initiale.
Tout est affaire de présentation. Si je dis à une Rousse qu’elle sent mauvais, elle ne peut que se rebeller contre mon affirmation, à juste titre d’ailleurs à notre époque où l’hygiène s’est imposée, avec son complément de déodorants. Par contre, si je lui dis que son parfum intime de femme est particulier, plus prononcé que chez une blonde et plus suave et plus attirant que chez une brune, nous pourrons parvenir à un accord.
Par personne interposée plusieurs amants de Rousses m’ont affirmé que le parfum intime de leurs belles amies avait un effet aphrodisiaque prononcé.
Voilà la confidence d’une correspondante rousse qui résume un peu l’état d’esprit de l’ensemble de mes correspondantes :
« Mon ami m’a souvent dit qu’il trouvait mon odeur enivrante, très excitante. Ça m’a décomplexée car j’avais peur, un peu inconsciemment, de ne pas sentir bon (plus jeune on m’avait dit "les rousses puent de la ch…") »


Il faut savoir que le gène roux est celui qui est apparu le plus récemment sur terre (environ 50.000 ans ce qui est très peu par rapport au long cheminement de l’évolution de l’Homme). Ce gène roux est donc le fruit d’une évolution ultime ( ?) de l’être humain. Ce serait dérisoire que ceux qui le possèdent soient de banals individus, sans particularités singulières !

Il n’est, heureusement, plus question aujourd’hui de brûler une femme dont ses particularités ont été mises en évidence par son voisinage, qui l’a forcée à vivre isolée par ses médisances. Les « braves gens » suspicieux, ayant vite oublié pourquoi cette personne vit seule, ont tôt fait de prêter des intentions coupables à cette solitude. Comme disait Brassens :

Mais les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux,
Non les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux…

La Sainte Inquisition, menée par des moines Bénédictins, d’autant plus dangereux qu’ils étaient les plus intelligents, sans illusion sur le côté infernal de ces malheureuses, s’en servaient pour réchauffer, au sens littéral et cynique du terme, la foi des bonnes gens que la complexité de la religion chrétienne laissaient dubitatifs.
On n’a jamais brûlé de sorcières chez les Musulmans qui disposent d’une religion très simple et d’un livre poétique à apprendre par cœur !

Et si l’apparition du gène roux n’était pas due à la probable disparition prochaine des blonds et blondes authentiques, qui ne seraient plus que cinq millions dans le monde à l’heure actuelle ? On peut voir des roux naître dans une famille composée exclusivement de bruns, ce qui explique qu’il existe une proportion non négligeable de roux en Afrique du Nord, parmi les Maghrébins. On peut en trouver une occurrence très importante dans les massifs de l'Aurès ( Algérie orientale) et du Rif (Maroc septentrional). Des régions où l’on voit que fort peu de blonds !
Les blondes, desservies par la misogynie des Québécois, qui ont toujours confondu les deux termes « femmes » et « blondes », sont aussi dévaluées par la tendance qu’ont toujours eu les femmes à se blondir les cheveux. Soyons objectif, regardons sur nos écrans, petits ou grands, les vraies blondes y sont sans doute plus rares que les vraies rousses !
Celles-là seront bientôt victimes de la mode qui les met en évidence en ce moment et qui fait proliférer les fausses rousses.
Le plus triste étant que les responsables des castings, de nos spectacles, choisissent une actrice sans tenir compte de la couleur de sa chevelure. Une bonne teinture fera l’affaire !
Les films qui mettent le plus en évidence la rousseur, qui ont été tournés récemment, ont fait appel à des comédiennes qui ne sont pas rousses : Le Parfum, Hell… La liste serait longue. Quand le réalisateur ne s’assoie pas carrément sur le scénario, comme dans Da Vinci Code, et ne choisi pas une brune pour jouer le rôle d’une rousse génétique (la descendante de Marie-Madeleine.)

Rachel A ceux qui, comme moi, vivent dans un environnement particulièrement dépourvu de Rousses et qui finissent par se demander si leurs fantasmes sur elles sont vraiment justifiés, je peux apporter une réponse apaisante. J’ai reçu chez moi et chez ma femme, une splendide rousse, pendant trois semaines l’an passé. Ce qui me permet de certifier, que chaque fois que je posais mes yeux sur elle, j’étais émerveillé par sa rousseur. Je lui ai pris plus de sept cents photographies, tant j’étais fasciné par ce que je voyais. Elle était vraiment rousse, à la peau très blanche, ce qui ne va pas l’un sans l’autre sous nos latitudes.
Pour rebondir, je voudrais dire que la blancheur de la peau, que les Rousses partagent avec les vraies blondes, est, finalement, après la couleur des cheveux sans doute, la caractéristique essentielle de ces dames.
On pourra se moquer de ce goût pour l’un des attraits qu’eurent les femmes pendant des siècles, jusqu’au au milieu du XX° siècle. En fait, jusqu’à l’apparition des congés payés et de la vogue des bains de mer. Mais je m’y accroche, tout en connaissant l’origine de cette mode, qui permettait de différencier les bourgeoises, voire des nobles, des paysannes brunies par le soleil au cours de leurs travaux. Un racisme social en quelque sorte.
Et ne voyez aucun relent de racisme ethnique là-dedans, j’apprécie aussi beaucoup les teintes plus ou moins colorées que peuvent prendre les peaux des femmes, mais ma préférence reste au blanc le plus pur. Loin de moi l’idée de voir se généraliser cette pâleur, comme tout le monde, j’attache plus de prix à ce qui est rare qu’à ce qui est commun.

Une particularité que les Rousses partagent avec les vraies blondes, c’est l’apparition, plus ou moins marquée en fonction de leur exposition au soleil, des éphélides sur leur peau blanche. Ces éphélides, faussement nommées « taches de rousseur », ne sont pas un signe distinctif des Rousses. Je connais des blondes qui en sont complètement constellées et même quelques brunes, dont mon épouse.

Toujours au chapitre de la quiétude des amoureux des Rousses, je dois les informer que mon hôte de l’an passé était Rachel, « ma fille adoptive ». Quel avait dix huit ans et que j’avais l’âge d’être son grand-père plutôt que celui d’être son père ! Et, comme nous ne sommes pervers, ni l’un, ni l’autre, j’ai dû me contenter du plaisir des yeux, ce qui était déjà beaucoup !
J’ai pu aussi apprécier sa force de caractère, qui est aussi une caractéristique des Rousses, formées à la dure école de la vie dès leur plus jeune âge à cause de leurs particularités. Les enfants sont impitoyables avec ceux qui sont différents et il y a de nombreux hommes dont le cerveau a cessé de se développer, par la connexion intensive de ses neurones, au cours de leur enfance.
Une campagne médiatique appuyée leur fait accepter, de plus en plus, ceux qui ont un handicap apparent, mais la rousseur n’est heureusement pas perçue comme un handicap, quoi qu’en pense certains enfants roux.

Je vais encore parler de moi, ce qui me permettra de parler des Rousses, évidemment. Celui de mes cinq sens qui est le plus affuté, ou du moins qui intervient le plus dans une rencontre amoureuse, est l’odorat. Ce qui m’a valut quelques malodorantes déconvenues, mais oublions cela, nous sommes en plein cœur de mes fantasmes.
J’espère que la réputation qu’on a faite aux Rousses, en raison de la particularité de leur parfum intime, n’est pas usurpée. De nombreux témoignages, que j’ai enregistrés, me permettent d’être heureusement convaincu du contraire.
Mesdames, croyez-moi, ne prenez jamais un bain soigné juste avant de faire l’amour. Faites-le deux heures avant, au moins, de façon à ce que toutes vos fragrances aient le temps de se remettre en place pour le plus grand plaisir de votre partenaire. Même si celui-ci est moins sensible que moi aux parfums, il ne peut pas y être complètement indifférent, même si c’est inconscient.

Naturellement, la plus grande qualité que les Rousses ont à mes yeux, c’est d’avoir une forte sexualité. Sur plus de deux cents confidences reçues en provenance de Rousses de tous âges, une seule m’a dit qu’elle n’était pas attirée par le sexe. L’exception qui confirme la règle !
Par contre, à l’inverse, presqu’un tiers de ces dames ou demoiselles m’ont avoué avoir une boulimie sexuelle. Et certains de leurs compagnons m’ont avoué qu’ils ne parvenaient pas toujours à assurer.
Ce qui m’a conduit, tout naturellement, à introduire dans mon questionnaire indiscret, une question touchant au sujet délicat de la masturbation solitaire. La plupart de mes correspondantes répondent de façon positive, sans se formaliser. Il faut bien que leur surplus de libido s’écoule. Très peu éludent cette question.
La masturbation, quand elle est très précoce, n’est d’ailleurs pas sans danger, car elle favorise la tendance déjà majoritaire des femmes à être clitoridienne. J’ai joins, à mon site qui se veut didactique, un « précis de la masturbation », sous la forme de conseils à une jeune Rousse.
Une de mes correspondantes m’a d’ailleurs indiqué qu’elle pratiquait la méthode que je préconise bien avant d’avoir découvert mon site.
Ce genre d’articles rajoute à la coloration sulfureuse qu’a parfois roussesland.com aux yeux de certains visiteurs chagrins. Mais concevoir un site, sur les Rousses et sur les Roux, complètement émasculé serait un nom sens, je crois fermement que la sensualité est étroitement liée au gène roux.

Voici un témoignage qui résume assez bien l’ensemble des déclarations que l’on m’a faites :

« Ma sexualité est épanouie. Je n’ai pas attendu l’accord de ma mère pour goûter aux plaisirs de la chair, et j’aime cela par-dessus tout. Un peu dominatrice, peut-être, comme le veut la rumeur qui court sur les rousses, je suis féline, adorant mordre et griffer. Je suis quelqu’un de très charnel. Il me faut en permanence un contact humain. »


Mais voilà que je m’aperçois que je me suis laissé entraîner trop loin dans l’appréciation des charmes physiques et de la sexualité des Rousses que j’idolâtre. C’est d’autant plus absurde qu’à mon âge, avec les médicaments que je prends régulièrement pour corriger mes imperfections physiologiques, ma libido est pas mal émoussée. Je suis plus proche de la situation du vieux sage qui maîtrise sans difficulté ses pulsions que de celle d’un Roméo, tout feu, tout flammes !
Et pourtant, ma passion pour les Rousses n’a pas diminué d’un fil, peut-être même, qu’avec la maturité, elle s’est bonifiée.
Certes, il me reste le plaisir esthétique que me procure la vision d’une toison rousse, associée à une peau blanche, comme j’ai pu le constater avec Rachel, mais une femme c’est beaucoup plus qu’un corps, aussi beau soit-il.

Pour exprimer cela, mieux que je pourrais le faire, je vais redonner la parole à Valérie BONNIER :

« Rousse ?... parce que je le suis. C'est une particularité qui peut faire souffrir, mais devient une force quand on l'utilise. Sorcière ?... sans doute à cause de mon caractère indiscipliné, mon goût pour l'insolence, et l'espièglerie. Le sérieux, la tristesse, l'ennui, la bêtise, la méchanceté me font fuir... dans l'humour évidement ! Le titre, bien sûr, est une métaphore: Toute femme amoureuse ne devient-elle pas une ensorceleuse ? Toute femme ambitieuse qui veut prendre son destin en main n'utilise-t-elle pas son "charme ?" »

N’ayant jamais aimé les femmes seulement comme objet sexuel, je voudrais affirmer ici, à propos des Rousses, que je les aime, aussi, pour leur esprit, leur féminité, tout ce qui nous différencie au niveau psychique, tout ce qui fait à mes yeux le charme du sexe opposé. Parmi toutes les femmes, que j’apprécie de façon globale, je constate que les Rousses sont celles qui m’attirent le plus, pour leurs qualités humaines, comme pour leurs qualités physiques.





Retour à la page d'accueil