Version du 14 mars 2007


Régine Desforges


Choix de textes littéraires
romans, poèmes, chansons...




Des extraits d'œuvres,
avec des liens
vers les versions complètes




MELODY NELSON, de Serge GAINSBOURG

Melody Nelson Les ailes de la Rolls effleuraient des pylônes
Quand m'étant malgré moi égaré
Nous arrivâmes ma Rolls et moi dans une zone
Dangereuse, un endroit isolé

Là-bas, sur le capot de cette Silver Ghost
De dix-neuf cent dix s'avance en éclaireur
La Vénus d'argent du radiateur
Dont les voiles légers volent aux avant-postes

Hautaine, dédaigneuse, tandis que hurle le poste
De radio couvrant le silence du moteur
Elle fixe l'horizon et l'esprit ailleurs
Semble tout ignorer des trottoirs que j'accoste

Ruelles, culs-de-sac aux stationnements
Interdits par la loi, le cœur indifférent
Elle tient le mors de mes vingt-six chevaux vapeurs
Princesse des ténèbres, archange maudit
Amazone modern' style que le sculpteur
En anglais, surnomma Spirit of Ecstasy

Ainsi je déconnais avant que je ne perde
Le contrôle de la Rolls. J'avançais lentement
Ma voiture dériva et un heurt violent
Me tira soudain de ma rêverie. Merde !
J'aperçus une roue de vélo à l'avant
Qui continuait de rouler en roue libre
Et comme une poupée qui perdait l'équilibre
La jupe retroussée sur ses pantalons blancs

"- Tu t'appelles comment ?
- Melody
- Melody comment ?
- Melody Nelson."

Melody Nelson a les cheveux rouges
Et c'est leur couleur naturelle


MELODY NELSON, de Serge GAINSBOURG

Ce texte de chanson m'a été offert pas la blonde Alexandra, qui a pallié mon incapacité à le trouver sur le Net.
La jeune femme de l'illustration est une inconnue, la rousseur de Jane, à l'époque de la chanson, ne m'ayant pas vraiment convaincu.

Je ne peux que vous conseiller le blog de Satinella, qui se définie comme une "Esclave à aimer", tout un programme !
http://slave-to-love.blogspot.com/


Le texte suivant est aussi dû à la charmante Alexandra :


Le Parfum, de Patrick SUSKIND

« Il ne parvenait pas à comprendre qu'un parfum aussi exquis pût émaner d'un être humain. [...] [La jeune fille] était rousse et portait une robe grise sans manches. [...] Grenouille était penché au-dessus d'elle et aspirait maintenant son parfum sans aucun mélange, tel qu'il montait de sa nuque, de ses cheveux, de l'échancrure de sa robe, et il en absorbait en lui le flot comme une douce brise. »


L'Obscur Objet

"Il était une heure. Une léthargie post-prandiale régnait dans la classe. La pluie menaçait. On frappa à la porte. Comme tout le monde, je levai les yeux. Sur le pas de la porte se tenait une rousse. Deux nuages se croisèrent dans le ciel, laissant passer un rayon de soleil. Ce rayon frappa la verrière de la serre. Passant à travers les géraniums, il leur emprunta la lumière rosée qui, maintenant, dans une sorte de membrane, enveloppait la fille. Il est également possible que ce fût pas le soleil qui ait fait tout cela, mais une certaine intensité, un rayon d'âme, issu de mon regard. Une partie de mon intérêt était scientifique, zoologique : jamais auparavant je n'avais vu une créature avec autant de tâches de rousseur. Il y avait eu un big-bang, dont l'origine se situait sur l'arête de son nez, et la puissance de l'explosion avait propulsé des galaxies jusqu'aux confins de son univers courbe au sang chaud. Il y avait des amas de tâches sur ses avant-bras et ses poignets, toute une Voie Lactée sur son front, et même quelques quasars éparpillés dans les replis de ses oreilles. Puisque nous sommes en cours d'anglais, permettez-moi de citer un poème : "La beauté bigarrée", de Gerard Manley Hopkins qui commence ainsi "Gloire à Dieu pour les choses mouchetées". Quand je repense à ma première réaction, elle me paraît avoir été suscitée par l'admiration de la beauté naturelle. Je veux parler du plaisir du coeur provoqué par la vision de feuilles bariolées ou de l'écorce pareille à un palimpeste des platanes de Provence. Il y avait quelque chose d'attirant dans la combinaison de ses couleurs ; les petits bouts de gingembre flottant sur la peau d'un blanc laiteux, les reflets or de la chevelure blond vénitien. C'était comme l'automne, de la regarder. C'était comme d'aller dans le Nord voir les couleurs.

Extrait de "Middlesex", de Jeffrey Eugenides.



DANS LE BISTROT DU PORT
Paroles: A.Saudemont et G.Groener. Musique: Pierre Candel, 1934


Chanson signalée par ARTHUR, que je remercie :

Dans le bistrot du port,
On y parle d'amour,
De pêche et de partance,
D'espoirs et de retours
Et l'on y fait bombance.
" Bois un coup, mat'lot encore une lampée,
Profite de ton temps, et tire ta bordée ! "

Mais la servante est rousse,
Son jupon se retrousse
Et son mollet est rond
Et ses yeux sont fripons.
Aimant la bagatelle,
Chacun y vient pour elle,
Pour chiper un baiser
Sur sa nuque frisée,
Au désir qu'elle émousse,
Car la servante est rousse
Dans le bistrot du port.

Dans le bistrot du port,
Il est entré, un jour ...
Pour une heure, en escale.
Au froid, les membres gourds
Se réchauff'nt dans la salle.
" Bois un coup, mat'lot encore une lampée,
Profite de ton temps, et tire ta bordée ! "

Mais la servante est rousse,
Son jupon se retrousse
Et son mollet est rond
Et ses yeux sont fripons.
Son œil en roucoulade
Est une régalade ...
Ah ! s'il pouvait l'avoir
Rien qu'à lui, pour ce soir.
Et son désir s'émousse,
Car la servante est rousse
Dans le bistrot du port.



Gabriel CHEVALIER, Clochemerle

Sur le seuil des Galeries beaujolaises, issue du feu, coiffée de flammes dérobées aux astres, on admirait Judith Toumignon aux flamboyantes toisons. Le vulgaire la disait rousse par simplification sotte, et rouquine par dépit. Il faut distinguer. Il y a des rousses ternes, des rousses brique, d'un roux fâcheux, opaque, que l'on devine imprégnées d'un suint âcre. D'or rouge au contraire, du ton des mirabelles exposées au soleil était la chevelure de Judith Toumignon. En fait, cette belle femme était blonde, portant du miel aux aisselles, mais elle était à l'apogée de la blondeur, apothéose aveuglante des tons les plus chauds, étant exactement du blond qu'on dit vénitien. Le lourd turban de rutilances qui ornait sa tête, et venait mourir à l'ombre de sa nuque en pâmantes douceurs, attirait tous les regards, et tous les regards, captivés, s'attardaient sur elle avec délices, de la tête aux pieds, trouvant partout les motifs d'une satisfaction inégalable, que les hommes savouraient secrètement, sans réussir toujours à en dissimuler les symptômes à leurs femmes, rendues clairvoyantes par un pressentiment monté de leurs entrailles qui leur désignait l'usurpatrice outrageante.

Gabriel CHEVALIER, Clochemerle (chapitre complet)



Guillaume Apollinaire, La jolie Rousse

Elle vient et m'attire ainsi qu'un fer l'aimant
Elle a l'aspect charmant
D'une adorable rousse
Ces cheveux sont d'or on dirait
Un bel éclair qui durerait
Ou ces flammes qui se pavanent
Dans les roses thé qui se fanent.

Guillaume Apollinaire, La jolie Rousse (version complète)
En mai 1918, Guillaume Apollinaire épousa la rousse Jacqueline Kolb.
Le 9 novembre, de la même année, il mourrait de la grippe espagnole !



La lumière jette sur la chevelure des rousses des reflets d'incendie et fait valoir le grain satiné de leur teint. La lueur fauve, couleur d'or, est la plus vivante, la plus discrète aussi et par conséquent la plus harmonique et la plus belle. La beauté est ainsi sans détour.


J.J. Henner




POUR UNE DAME ROUSSE
Savinien Cyrano de Bergerac


Une belle tête sous une perruque rousse, n'est autre chose que le Soleil au milieu de ses rayons ; ou le Soleil lui-même n'est autre chose qu'un grand oeil sous la perruque d'une rousse ; cependant tout le monde en médit à cause que peu de monde a la gloire de l'être ; et cent femmes à peine en fournissent une, parce qu'étant envoyées au Ciel pour commander, il est besoin qu'il y ait plus de sujets que de seigneurs. Ne voyons-nous pas que toutes choses en la Nature sont plus ou moins nobles selon qu'elles sont ou plus ou moins rousses ?

Savinien Cyrano de Bergerac, pour une dame rousse (version presque complète)



Blanche fille aux cheveux roux,
Dont la robe par ses trous
Laisse voir la pauvreté
Et la beauté,

Pour moi, poète chétif,
Ton jeune corps maladif,
Plein de taches de rousseur,
A sa douceur.

Charles Baudelaire, A une mendiante rousse (version complète).



Elle a la peau douce,
Aux taches de son,
A l'odeur de rousse
Qui donne un frisson...
Et de sa prunelle,
Aux tons vert-de-gris,
L'amour étincelle
Dans ses yeux d'souris.

Aristide Bruant, Nini Peau d'chien (version complète).



Je pris pour maître, un jour, une rude Maîtresse,
Plus fauve qu'un jaguar, plus rousse qu'un lion !
Je l'aimais ardemment, - âprement, - sans tendresse,
Avec possession plus qu'adoration !
C'était ma rage, à moi ! la dernière folie
Qui saisit, - quand, touché par l'âge et le malheur,
On sent au fond de soi la jeunesse finie...
Car le soleil des jours monte encor dans la vie,
Qu'il s'en va baissant dans le cœur !

Jules Barbey d'Aurevilly, La Maîtresse rousse (version complète).



Elle est à moi bien plus encor
Comme une flamboyante enceinte
Aux entours de la porte sainte,
L'aime, la divine toison d'or !
[.....]
Son cher corps rare, harmonieux,
Suave, blanc comme une rose
Blanche, blanc de lait pur, et rose
Comme un lys sous de pourpres cieux ?

Paul Verlaine, Hombres. Œuvres libres, À la Princesse Roukhine (version complète).



Il faut pas de milieu ! L'adorer à genoux,
Plat, n'ayant d'astre aux cieux que ses lourds cheveux roux
Ou bien lui cravacher la face, à cette femme !

Paul Verlaine, Poèmes Saturniens, Caprices, Une grande dame (version complète).



Paul Verlaine, Printemps.

Tendre, la jeune femme rousse,
Que tant d'innocence émoustille,
Dit à la blonde jeune fille
Ces mots, tout bas, d'une voix douce :

"Sève qui monte et fleur qui pousse,
Ton enfance est une charmille,
Laisse errer mes doigts dans la mousse,
Où le bouton de rose brille,

"Laisse-moi, parmi l'herbe claire,
Boire les gouttes de rosée
Dont la fleur tendre est arrosée,

"Afin que le plaisir, ma chère,
Illumine ton front candide
Comme l'aube l'azur timide.



Théodore de BANVILLE, Les Exilés.

La reine Omphale était assise, comme un Dieu,
Sur un trône; ses lourds cheveux d'or et de feu
Étincelaient; Hermès, pareil au crépuscule,
Posant sa forte main sur l'épaule d'Hercule,
Se tourna vers la reine avec un air subtil,
Et lui dit: Le marché des Dieux te convient-il?
-- Messager, répondit alors d'une voix grave
La Lydienne, pars, laisse-moi pour esclave
Ce tueur de lions, de sa forêt venu,
Et je l'achèterai pour le prix convenu.

Hermès, gardant toujours sa pose triomphale,
Reçut les trois talents que lui donnait Omphale,
Et, montrant le héros aux muscles de Titan:
Cet homme, lui dit-il, t'appartient pour un an.
Parlant ainsi, le Dieu souriant de Cyllène,
Comme un aigle qui va partir, prit son haleine
Et bondit; il vola de son pied diligent
Plus haut que l'éther vaste et les astres d'argent;
Puis au ciel, qu'une pourpre éblouissante arrose,
S'enfuit dans la vapeur en feu du couchant rose.

La Lydienne au front orné de cheveux roux
Abaissa sur Hercule un oeil plein de courroux,
Et lui cria, superbe et de rage enflammée,
En touchant la dépouille auguste de Némée:
Esclave, donne-moi cette peau de lion.
Hercule, sans colère et sans rébellion,
Obéit. La princesse arrangea comme un casque,
Sur sa tête aux cheveux brillants, l'horrible masque
Du lion, puis mêla, plus irritée encor,
La crinière farouche avec ses cheveux d'or,

Théodore de BANVILLE, Les Exilés (version complète).



J'étais rousse. Rousse comme il n'est pas permis de l'être. Rousse sang. Pas d'une couleur orangée très vive mais d'un rouge flamboyant, un rouge rubis, un rouge hurlant.
J'étais extrême, couleur révolution. Rousse rouge, incandescente, chauffée au rouge, enflammée, écarlate, feu. Je n'avais peur de rien, rien ne me faisait rougir. J'étais comme rouillée, couverte de taches de rousseur et pour me dérouiller, toute petite, ma mère, à l'aube, m'emmenait me laver le visage dans l'herbe rosée du matin.
Rien n'y faisait. J'étais tachée, galvanisée, impudente.
Je vivais double.

Sonia Rykiel, Et je la voudrais nue... Grasset, 1979 (J'en ai fait un pôle Plus, version complète).



On pare la fiancée maure, on lui met le henné pour la rendre plus belle aux yeux de son amant. Le henné croît abondamment dans l'intérieur, les Mauresses pilent ses feuilles qui procurent une couleur rouge pâle, en usage pour leur parure. Les feuilles étant pilées et réduites en pâte, cette pâte est appliquée sur la partie du corps que l'on veut colorer, on la préserve de l'action de l'air en la couvrant et on l'arrose souvent avec de l'eau dans laquelle on a fait macérer de la fiente de chameau. La couleur met cinq à six heures à se fixer, après ce temps, on enlève le marc et la partie qui a été recouverte reste teinte d'un très beau rouge.

René Caillé, Voyage à Tombouctou, Le rouge de la mariée (version complète).



Durant l'année 1616, Colas Breugnon, menuisier à Clamecy, tient son journal. Il y mentionne la vive attirance qu'il éprouve pour Belette, belle et sensuelle jeune femme rousse.

Le désir sur les lèvres

Le soir, elle venait causer, près de mon mur. Je la vois, une fois, tout en parlant et riant, avec ses yeux hardis qui cherchaient dans mes yeux le défaut de mon cœur, pour le faire crier, je la vois, bras levés, attirant une branche de cerisier chargée de rouges pendeloques, qui formaient une guirlande autour des cheveux roux; et, sans cueillir les fruits, les becquetant à l'arbre, gorge tendue, bec en l'air, en laissant les noyaux. Image d'un instant, éternelle et parfaite, jeunesse, jeunesse avide qui tète les mamelles du ciel !

Romain Rolland, Colas Breugnon



C'était une grande fille rousse, habillée patriotiquement en trois couleurs et couverte d'un immense chapeau-tunnel dont sa tête occupait le centre. M. Patissot, un peu désappointé, accepta tout de même ce remplaçant. Et l'on partit pour Maisons-Laffitte, où étaient annoncées des régates et une grande fête vénitienne.
Aussitôt qu'on fut dans le wagon, occupé déjà par deux messieurs décorés et trois dames qui devaient être au moins des marquises, tant elles montraient de dignité, la grande rousse, qui répondait au nom d'Octavie, annonça à Patissot, avec une voix de perruche, qu'elle était très bonne fille, aimant à rigoler et adorant la campagne, parce qu'on y cueille des fleurs et qu'on y mange de la friture: et elle riait d'un rire aigu à casser les vitres, appelant familièrement son compagnon: "Mon gros loup."

Guy de MAUPASSANT : Les dimanches d'un bourgeois de Paris, Essai d'amour (version complète).



MEMENTO GALANT
Henri de Régnier


Vous eûtes pour maîtresse en cette même année
Anne de Cardeillan à vous qui s'est donnée,
Presque vierge, comme, dit-on, on l'est souvent
Lorsque à peine l'on vient de sortir de couvent.
Anne de Cardeillan, peu après, vous fut prise
Un beau jour sans façon par la belle Coryse
De Kerlion qui pour payer le tort qu'elle eut
Envers vous vous livra son corps ardent et nu,
Car Coryse est toujours, à sa manière, honnête.
Ayant donc ainsi satisfait à cette dette,
Sans scrupule et la regardant comme son bien,
Elle fit d'Anne alors son plaisir lesbien
Et lui fit préférer à vos rudes étreintes
Sa langue délicate entre ses lèvres peintes.
Ce fut cette année-là aussi qu'à votre tour
Vous eûtes Jeanne Arnal et Christine Latour :
Vous pouvez encore ajouté à votre liste
La brune Eléonore et la rousse Calixte
Dont la beauté brûlante en vos bras à frémi.
Et vous aurez ainsi, je pense, mon ami,
Dans votre souvenir le nom de toutes celles
Dont les douces faveurs faciles ou rebelles
Vous firent leur amant, ensemble ou tour à tour,
Goûter en ce même an les plaisirs de l'amour.

In Ariane et autres poèmes.



Geneviève Neuville Les fiançailles d'une tache de rousseur

Paroles et musique : Geneviève Neuville.

http://www.genevieveneuville.ca/

Un rayon cristallin les fait naître
Confetti, une à une
C'est le printemps qui les amène
Flocon de soleil une à une
Colore l'immaculé du froid
Sur la peau, une à une
Annoncent les beaux jours d'été
Quand elles apparaissent, une à une

Elles sont la risée des enfants
Éclat rouillé, une à une
Certains sont même méchants
Flocon de soleil coup de lune
On rigole de ses taches de son
Grillage sous filet, bronzage
Pointille narguant près du nez
Quand elles roussissent, une à une

Au coin des lèvres ou des paupières
Gouttes mouchetées, une à une
Marque de nos saisons où l'on reconnaît
L'éclat du vent, une à une
Parure taquine coup de pinceau
Maquille le dos une à une
Bijoux dorés, staccato discret
Fleuri la peau, une à une

Elles s'attroupent et valsent sur les épaules
S'égarent dans le cou
M'acculent les coudes et les genoux
Tache de rousseur, épi des champs
Gage du temps

Portées aux doigts, elles unissent
Sur la peau, une à une
À la lumière de toutes les vies
Flocon de feu volcan qui brûle
Je suis la fiancée du temps, de la musique, de la brume
Si tu veux m'aimer autant
Si tu veux en prendre le temps, la tienne aussi
Si tu veux m'aimer vraiment
La tienne aussi, une à une



Les miroirs dans la boue
William Sheller

Dans l'orage d'une forêt sans âge
Aux abords du Poitou
A l'automne où je vivais chez vous
J'ai vu le visage d'une enfant sauvage
Qui portait un bijou
Les yeux verts noyés de cheveux roux
A l'automne où je vivais chez vous

Dieu fait des images avec les nuages
La pluie fait des miroirs dans la boue
Je t'ai cherchée partout
Je garde un mirage dans une drôle de cage
Comme savent construire les fous
Je t'ai cherchée partout

Elle avait l'âge des vagabondages
Pieds nus sur les cailloux
Dans les rivières où viennent boire les loups
A mon passage elle a pris mon bagage
Elle m'a suivi partout
Jusqu'à l'étage où j'avais mon verrou
Les yeux verts noyés de cheveux roux

Dieu fait des images avec les nuages
La pluie fait des miroirs dans la boue
Je t'ai cherchée partout
Je garde un mirage dans une drôle de cage
Comme savent constuire les fous
Je t'ai cherchée partout

Au lendemain de l'orage
Il restait un message
Vous me plaisiez beaucoup
Mais je n'pense pas avoir besoin de vous
Les yeux verts noyés de cheveux roux

Dieu fait des images avec les nuages
La pluie fait des miroirs dans la boue
Je t'ai cherchée partout
Je garde un mirage dans une drôle de cage
Comme savent construire les fous
Je t'ai cherchée partout



Fais-nous danser, Julie la Rousse,
Toi dont les baisers font oublier !

Petit'gueule d'amour, t'es à croquer,
Quand tu passes en tricotant des hanches,
D'un clin d'œil le quartier est dragué,
C'est bien toi la rein' de la place Blanche !

Chansons populaires : Julie la Rousse. Paroles et Musique: René Louis Lafforgue 1956 (version complète).



TACHES DE ROUSSEUR

Tes taches de rousseur sont une galaxie
Et j'ai mille planètes toutes bleues à découvrir
Ton corps est un palais aux doux parfums exquis
Et j'ai mille arômes encore à ressentir...

Taches de rousseur, un poème édité sur Internet (version complète).
http://perso.wanadoo.fr/fredyves/html/tachrous.htm



La Rousse Au Chocolat
Jacques Higelin

Dans la salle d'attente de la gare de Nantes
J'attends
Un vieux légionnaire s'endort sur sa bière
En chialant

Qu'est-ce que donnerais pas pour être au chaud
Dans les bras de cette fille de Saint-Malo
Qui serrait son matelot sur le quai.

Dans la salle d'attente, j'ouvre un magazine
Et je vois
Une jolie petite rousse qui se tape une mousse
Au chocolat
Ses lèvres gourmandes m'invitent a en prendre
Avec elle
Juste une cuillère avant que sa grand-mère
Ne revienne.

Dans la salle d'attente de la gare de Nantes
J'attends
Juste le retour du printemps.



Zora la Rousse Zora la Rousse

Génériques TV

{Refrain:}
Zora La Rousse
Zora, belle et farouche
Ta vie a un goût d'aventure
Zora rebelle
Zora l'histoire t'appelle
Toi la sauvageonne au cœur pur
Au cœur pur

Zora la Rousse, Année : 1980, Pierre CARREL - Christian BRUHM (version complète).



Roussia ROUSSIA

Hey !
On dit certains l'aiment chaud
D'autres le pensent tout haut
Y'en a même qui prétendent
Que ce n'est qu'une légende

Hey !
Basta sauve qui peut !
Je fais ce que je veux !
Tant pis pour la douceur
Le roux est ma couleur

ROUSSIA, Année : 1989, Hercberg / T. Brossard (version complète).



3. Elle aperçut l' cantonnier (bis)
Dans le fond d'un grand fossé (bis)
Et qui baisait (bis)
Et qui baisait comme un voyou
Un' fillette aux cheveux roux

La belle dame et le cantonnier, chanson paillarde estudiantine (version complète).




ROCK AMADOUR

Elle est si jolie
Avec ses souliers vernis
Ses taches de rousseur
Sur son joli postérieur

Rock Amadour, Gérard Blanchard, 1982 RCA (version complète).



LITTRE

roux, ousse (roû, rou-s'), adj.

1° Qui est d'un rouge un peu teinté de noir. Ce papier est devenu roux à la fumée. Commandez aux enfants d'Israël de vous amener une vache rousse qui soit dans la force de son âge et sans tache, SACI, Bible, Nombres, XIX, 2. Ce diable habillé d'écarlate, Bossu, louche et roux, BÉRANG. H. rouge.
[…]
2° Un homme roux, une femme rousse, un homme, une femme qui a les cheveux roux. Il était roux, d'une mine avantageuse, et il avait le visage fort beau, SACI, Bible, Rois, I, XVI, 12.
Mme la marquise de Senantes passait pour blonde ; il n'eût tenu qu'à elle de passer pour rousse ; mais elle aimait mieux se conformer au goût du siècle, que respecter celui des anciens, HAMILT. Gramm. IV.
Substantivement. Un roux. Une rousse. Les Persans veulent des brunes, et les Turcs des rousses, BUFF. Hist. nat. hom. Oeuv. t. V, p. 103.
[…]



Paul précéda les deux hommes jusqu'à la piscine dans laquelle Marine nageait. L’après-midi touchait à sa fin. Le soleil, qui avait brillé toute la journée, atteignait la fin de sa course journalière. Il éclairait la scène de ses rayons rougeoyants, mettant en valeur la couleur de la toison de la jeune femme, qui était accentuée par le contraste avec la blancheur de son corps d’albâtre.

Duel au Point Rouge. Un roman policier centré sur une superbe rousse et sur la pratique du tir de loisir.



Dès qu'il avait ouvert sa porte à la jeune fille et qu'elle eut ôté sa robe de chambre, il avait été agréablement surpris par la vague de parfums qui étaient montée jusqu'à son nez. Il n'en avait rien dit à sa partenaire, pour ne pas choquer davantage sa pudeur, mais il était ravi. La nuit avait été chaude, surtout sous les toits, et la moiteur de ce jeune corps de rousse délivrait, pour un nez comme le sien, une foule de messages odorants. Malheureusement, même pour lui, les messages s'entremêlaient et devenaient difficilement identifiables. C'était semblable à la période qui précède un concert, au cours de laquelle tous les musiciens accordent leurs instruments. D'un brouhaha informe, bien qu'harmonieux quand même, s'élevait parfois une jolie phrase musicale, vite englobée dans le bruit général.
Il fallait absolument isoler chacun de ces parfums et ne les délivrer qu'à la commande du chef d'orchestre, pour retrouver toute l'harmonie d'une symphonie ou d'un concerto. L'analogie avec la musique le séduisait et il avait bien l'intention de se servir de l'architecture des oeuvres musicales, comme modèle, pour son inspiration.
Il avait déjà pu constater, en côtoyant la jeune fille dans l'ascenseur, que de sa peau émanait une fragrance de base qui rappelait l'odeur du soufre. Cette idée le faisait sourire, car il pensait que c'était de là que venait la réputation sulfureuse, plus précisément satanique, qu'avaient les rousses dans les temps anciens. Son sourire ne venait naturellement pas de la pensée du sort horrible qu'avaient connu ces malheureuses, mais en pensant à la vieille interrogation existentielle concernant la poule et l'œuf : Les rousses sentaient-elles le soufre en raison de leur commerce avec le diable ou leur avait-on attribué cette réputation en raison de leur odeur de soufre ? Il connaissait la réponse à cette question, mais il ne lui était pas désagréable d'imaginer quelques vertus surnaturelles à ces femmes.
En attendant, il fallait qu'il analyse avec précision ce parfum, dont les effets étaient singulièrement excitants pour la plupart des hommes, au rang desquels il était.

L'orgue à parfums de femmes. Une nouvelle : l'invention délirante d'un "nez" amateur de parfums de rousses.



Deux textes de chansons envoyés par Arthur :

L'AMOUR EST CERISE

Défions le monde
Et ses interdits
Ton plaisir inonde
Ma bouche ravie
Vertu ou licence
Par Dieu je m'en fous
Je perds ma semence
Dans ton sexe roux

L'amour est cerise, chanson de Jean FERRAT (version complète).




JEANNE-LA-ROUSSE

Un fermier riche et de son âge,
Qu'elle espérait voir son époux,
La quitta, parce qu'au village
On riait de ses cheveux roux.
Puis deux. Puis trois ; chacun repousse
Jeanne qui n'a pas un denier.
Dieu, veillez sur Jeanne-la-Rousse ;
On a surpris le braconnier.

Jeanne-la-Rousse, chanson de Pierre Jean BERANGER (1780-1857) (version complète).




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