16 janvier 2005



JEANNE D'ARC ETAIT ROUSSE

Non, c'est une blague ! J'eusse tant aimé qu'elle le soit.
Il ne s'agit que du titre d'une perle restant parmi les épaves, flottant encore sur Internet, du malheureux naufrage d'un "navire.net".


http://navire.net/archives/general/jeanne_darc_etait_rousse.html


Alors que je débarquais de mon navire par belle nuit de pleine lune, mon attention fut attirée pas un fracas métallique. Sur le quai, se dressait en armure, une hallebardière brandissant un fier étendard. Des rayons séléniens soulignaient les rougeoiements de sa chevelure caressée par la brise. Frémissante du courroux des justes, me toisant du haut de sa cuirasse, elle déclara impérieuse "Il faut bouter l'Anglois hors de notre douce langue !". Saisi de stupeur, je répondis :
- Plait-il ?
- Ah ! que ton impudence excite mon courroux !
- Quel temps à mon exil, quel lieu prescrivez-vous ?
- Fusses-tu par-delà les colonnes d'Alcide, je me croirais encor trop voisin d'un perfide.
- Chargé du crime affreux dont vous me soupçonnez, quels amis me plaindront, quand vous m'abandonnez ?
- Va chercher des amis dont l'estime funeste honore l'Albion, flétrit notre langue je l'atteste ; des traîtres, des ingrats sans honneur et sans loi, dignes de protéger un méchant tel que toi.
Misérable parmi les misérables, j'avais provoqué la légitime irritation de l'hardie chevalière par quelque libelle sur mon modeste carnet. C'est donc le cœur gros que je regagnais mon navire, que je fis dévirer les aussières, et que je mis cap sur l'étoile éclairant ma défaite.
Bon, blague à part, je reprendrai pour miens les mots de la rouquine : "Les anglicismes gratuits et inutiles ne sont justifiables ni chez l'un, ni chez l'autre. Mais plutôt que de mutuellement citer leurs forces langagières respectives et bien réelles, et d'y puiser inspiration afin de préserver une langue qui le mérite, nos deux peuples coqs ne trouvent souvent rien de mieux à perpétrer que l'ergotage de ses pairs, en cherchant le pire coupable des deux. Pendant ce temps, l'envahisseur rigole et tisse la toile qui nous perdra."

Écrit par Laurent, le 03 février 2003 à 11:42.


Retour