20 décembre 2005


APRES AL-KAHINA,
"LA REINE DES AURES",
FATMA TAZOUGUERTH
"LA REINE ROUGE"




Al-Kahina, "la Prophétesse", eut pour surnom la "reine des Aurès". Elle régna sur plusieurs tribus de Berbères de l'Aurès, dont la sienne propre, celle des Djarawa, de 685 environ à 704 ou 705.
la Kahina parvient à refaire l'unité berbère autour de sa personne et de sa tribu. Elle écrase l'armée d'Ibn al-Nu'mân, sur les bords de la Miskiyâna (près de Tébessa) dans le Constantinois et la repousse en Tripolitaine.
Un seul obstacle se dresse encore devant l'avance des Arabes vers l'ouest : la Kahina et le royaume qu'elle a constitué au Maghreb. Âme d'une résistance intransigeante, elle aurait pratiqué la politique désespérée de la terre brûlée, saccageant le pays, détruisant les villes et brûlant les plantations pour en détourner les Arabes et les décourager. Cette politique lui aliène la population sédentaire, tant citadine (grecque et berbère) que campagnarde.
La bataille eut lieu à Tabarqa. La Kahina y fut vaincue et décapitée, au lieu dit depuis Bir al-Kahina (le puits de la Kahina). La voie vers l'Atlantique était ouverte aux Arabes.

Nous ignorons si Al-Kahina était Rousse. Elle en avait pourtant toutes les caractéristiques, mais le VII° siècle est loin et les portraits absents.


QUAND RHIOUA CHANTAIT LE ROYAUME DE FATMA TAZOUGUERTH (LA REINE ROUGE)

Qui marcha sur les traces de la reine Dihya, des siècles plus tard, sur cette même terre de Berbérie aux multiples gorges escarpées ? Unique femme dit-on qui a su régner justement, après Kahéna….Dihya ou Démia avec majesté sur les Aurès et perpétué le matriarcat, rendant grâce à la femme et la hissant au rang de guerrière intrépide. Qui était donc cette femme qu'honorent les " Rahabas " chanteurs chaouis exclusivement virils ? Les contes aussi la disent cette femme à la chevelure flamboyante ayant vécue plus de cent ans. Fatma Tazouguerth disait-on, était née en 1544 dans la montagne de Hitaouine, à Merouana, dans les Aurès Inférieures. Les chants chaouis préserver oralement glorifient aujourd'hui encore cette femme qui est passé d'un siècle à un autre grâce à eux :

" Tazoughert Reine des Aurès
L'aphrodite, l'autre déesse
Se baigne dans le lit envoûté de Tifouress
Dans un insolite corsage liquide faiseur
De l'historique copulation "

L'histoire ne dit pas d'où lui vient le royaume à la belle rousse. Était-elle la femme d'un roi devenue reine après son veuvage ? Avait-elle hérité le royaume de son père ? Dans les vallées et les plaines qu'elle avait parcourue, guerrière farouche sur son cheval intrépide, la reine Fatma unifia sur son passage tribus arabes et berbères, amies et ennemies... Sa confiance alla plus aux femmes avec lesquelles, elle constitua et exclusivement le conseil des sages. Pourtant la trahison allait couper sa route... La mort allait guider sa main, même si celui qui périra par son épée n'est autre que son frère Zoltan... Celui qui a osé contesté en public ses décisions... Plus tendre à l'égard du frère cadet, elle le poussa à l'exil... Sellam, peut-être l'image du père... Fort qui l'éleva au rang de reine.

" Hommage à vous, Fatma Tazoughert
Hommage à vous, Maîtresse de la fécondité
Hommage à vous, reine des cieux et des terres "



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