Tout le monde sait que les femmes rousses ont des différences apparentes, qui ont fait leur malheur au cours des siècles passés et qui les mettent en valeur aujourd'hui. Mais savez-vous qu'elles ont également des différences, moins visibles, sur le plan physiologique ? Nous allons en voir quelques-unes.
DE L'ERYTHROMELANINE DANS LES CHEVEUX
" Une belle tête sous une perruque rousse, n'est autre chose que le soleil au milieu de ses rayons "
Cyrano de Bergerac
C'est d'un pigment, la mélanine, que dépend la couleur de la peau et de la pilosité des hommes et des femmes. Il y a l'eumélanine qui fait les cheveux bruns ou noirs et la peau mate, la phaéomélanine des blonds et, plus rarement l'érythromélanine qui donne aux poils cette couleur rouge si peu répandue que malgré quelques roux célèbres comme Ramsès II, Richard Cœur de Lion, Guillaume le Conquérant, Frédéric Barberousse bien sûr, mais aussi Marc Twain, Woody Allen ou Daniel Cohn Bendit, les roux et les rousses ont toujours suscité la curiosité, parfois l'admiration, mais le plus souvent la crainte ou le mépris d'une société qui se méfie toujours de ceux qui s'en distinguent, ne serais-ce que par la couleur de leurs cheveux.
Xavier Fauche
QU'EN EST-IL DES POILS PUBIENS ?
Brune, rousse ou blonde, le jeu de la pilosité
Ah ah… " les brunes ne comptent pas pour des prunes " comme disait l'autre !
En effet, les vraies brunes sont les seules à avoir les cheveux et les poils pubiens et axillaires de la même couleur.
Même les filles aux cheveux auburn ont la plupart du temps des poils pubiens châtains foncés. Les vraies brunes estiment parfois que leurs poils pubiens sont trop foncés. Mais cela s'explique par le fait qu'elles ont souvent plus de poils que les blondes, ce qui donne l'impression d'une pilosité plus sombre. Il suffit finalement de tailler un peu cette toison et elle apparaîtra plus clairsemée et plus claire.
Les rousses quand à elles ont des poils presque rosâtres. Bel avantage, cette originalité aux yeux de certains hommes pour l'effet de surprise… Mais on peut retrouver aussi des blondes qui sont génétiquement rousses ; Leurs cheveux sont dorés et leur toison d'un beau rouge.
Il n'existe pas réellement de corrélation exacte entre la couleur du haut et celle du bas…car même chez une vraie blonde, ses poils pubiens et axillaires auraient tendance à foncer surtout l'hiver de part le manque de lumière. L'homme dit souvent "Il existe un moyen infaillible de savoir si c'est une vraie blonde " ? Pas sûr !
Les Scandinaves, par exemple, qui sont presque blanches à force d'être blondes, ont généralement des poils pubiens plus sombres. Les blondes claires ont le pubis plus doré; les blondes cendrées l'ont châtain avec des reflets roux, les filles aux cheveux châtains ont une toison nettement brune. Les vraies blondes qui possèdent une pilosité plus sombre que la couleur claire de leurs cheveux craignent que les hommes ne s'imaginent qu'elles se teignent les cheveux. Elles s'inquiètent pour rien. Nos mâles adorent cette disparité. Ils la trouvent excitante.
LES ROUSSES ET LA DOULEUR
Un communiqué de l'Associated Press sur le site de l'American Society of Anesthesiologist et un article de BBC News nous apprennent que les rousses sont plus sensibles à la douleur et qu'elles ont besoin en moyenne de 20% de plus d'anesthésique.
Pour trouver cela, le Dr. Daniel Sessler (University of Louisville) a administré des douleurs électriques à 10 rousses naturelles et 10 brunes sous anesthésie. Son hypothèse est que cette différence de réaction à la douleur serait liée à la production de mélanine, puisque c'est à ce niveau génétique que les rousses se distinguent, et que quelques tests sur des blondes n'ont pas trouvées celles-ci différentes des brunes. Le test n'a pas été effectué sur des hommes.
UNE FAIBLESSE DES ROUSSES
Le tissu collagène : c'est le tissu de soutien de nos cellules.
Il peut avoir des caractéristiques variables en fonction de la typologie de la personne. Des différences périnéo-sphinctériennes importantes existent chez les femmes avant leur premier accouchement. Malheureusement l'examen de la fonction périnéale est encore trop peu pratiqué lors de l'examen gynécologique de routine.
Par exemple les femmes rousses ont un tissu collagène plus fragile, moins résistant que les femmes brunes ou blondes.
Ainsi, j'ai le regret de le dire, les femmes rousses présentent plus de problème d'incontinence que les femmes brunes ou blondes.
Qu'importe, cela ne nous empêchera pas de les aimer !
LES ROUSSES ET L'ENDOMETRIOSE
L'intérieur de l'utérus est recouvert d'une couche de tissu qu'on appelle l'endomètre qui est éliminé hors de l'utérus durant les règles.
L'endométriose est une maladie gynécologique dans laquelle on retrouve du tissu de l'endomètre en dehors de l'utérus, soit sur les ovaires, les trompes, les ligaments qui soutiennent l'utérus et quelques fois, sur les autres organes du petit bassin, comme la vessie, l'intestin et le vagin.
Une étude récente démontre que l'endométriose est plus fréquente chez les patientes ayant des cheveux roux (83 %) par rapport à celles qui ont des cheveux d'une autre couleur (42 %) ; l'hérédité des cheveux roux semble liée à des déficiences du système immunologique mettant en jeu un défaut du troisième composant du complément (C3), dont le gène est localisé sur le chromosome 19 ; elle apporte un argument supplémentaire en faveur des liens entre les déficiences du système immunologique et la survenue de l'endométriose.
UN TEMOIGNAGE DU WEBMASTER
Je vais vous faire part d'une observation personnelle. Il y a quelques années, j'ai rencontré une dame d'une soixantaine d'années, qui avait toutes les caractéristiques des albinos, aux yeux près. Tout, chez elle, était d'une blancheur immaculée, ce qui ne nuisait pas à sa beauté, mais lui donnait une apparence étrange.
Son mari, voyant avec quel intérêt je regardais sa femme, malgré mes tentatives pour adopter une attitude discrète, intervint pour m'informer que son épouse avait été une rousse flamboyante et, qu'avec l'âge, elle était devenue telle que je la voyais.
--- Voilà, me dit-il, comment deviennent les rousses en vieillissant !
En appuie de ses dires, il me présenta des photographies de la dame, prises quelques années plus tôt, c'était alors, effectivement, une splendide rousse.
Quelqu'un peut-il confirmer mon observation en racontant une histoire analogue ?
LES ROUSSES : DE MAUVAISES NOURRICES ?
Brûler de désir donne donc aux nourrices comme aux femelles en chaleur un lait chaud vicié. Femmes et médecins en sont bien persuadés et prennent les précautions nécessaires lorsque les enfants sont alimentés au lait de vache car, selon Marfan, « le lait fourni par les bêtes en période de rut ou atteintes de nymphomanie est toxique ». Aussi les femmes préfèrent-elles choisir une vache du même âge que leur enfant pour que le lait soit mieux adapté et surtout pour mieux surveiller la bête nourricière. « Quand c'était pour un bébé on disait toujours d'avertir si la vache était en « furie », si la vache était pour le taureau parce qu'alors le lait était tourné. Parce que le sang est en révolution. On le dit bien que quand on a ses règles la température augmente », explique Jeanne. Le terme « furie » désigne tout à la fois l'extrême colère et la femelle animale en chaleur, deux états qui se caractérisent par une même révolution du sang.
De manière significative, notre interlocutrice les rapproche de celle qui s'opère dans le corps féminin au moment des règles. Une équivalence est donc ainsi posée entre femme « chaude »- au double sens du terme - et femme réglée. Elle est énoncée de manière tout à fait explicite par Louise Bourgeois au XVIIe siècle qui recommande de ne pas choisir de nourrices « d'humeur amoureuse », car leurs purgations leur reviennent plus tôt à cause « d'une chaleur immodérée qui est dans leur sang ». Cette équivalence est parfaitement incarnée par la femme rousse, être de sang, renommée pour son ardeur sexuelle, comme l'a montré Y.Verdier. Cette femme au sang chaud, à la transpiration abondante, ne peut avoir qu'un lait trop chaud. D'où sa réputation très ancienne d'exécrable nourrice répétée avec une constance remarquable par les médecins du XVIe au XXe siècle : « sa transpiration est d'une odeur forte et son lait est très séreux quoique abondant ». Si Marfan plus rationaliste pense que la couleur des cheveux des nourrices importe peu, il ajoute pourtant que « les femmes rousses ne doivent être acceptées que lorsque l'on a constaté que leur transpiration n'exhale pas une odeur forte ». On préfère traditionnellement les brunes aux blondes car la couleur de leurs cheveux s'opposant le plus nettement à la couleur du sang, on leur prête une nature plus froide.
Et pourtant, combien donnerais-je pour pouvoir téter une femme rousse !