13/09/2006 - Voilà, je voulais juste vous dire un grand merci pour ce site. Quel réconfort de venir y passer quelques minutes à farfouiller un peu partout ! Quel bonheur de se rendre compte que finalement, on n'est pas différent et que plusieurs personnes ont vécu la même chose que nous.
Encore une fois merci pour tout ça.
Doriane (rousse et plus que jamais fière de l'être !)
07/06/2007 - Bonjour Paul,
Je viens de me rapprocher de mes ancêtres en passant une petite journée (trop petite) à Londres. D'ailleurs j'étais une nouvelle fois surprise de voir ses rues peuplées de nos frères et sœurs, je me sentais moins seule tout d'un coup.
Nous avons pris quelques photos, je me permets donc de vous en envoyer quelques-unes.
Amicalement,
Doriane.
13/09/2006 - Voilà Doriane, que j'ai facilement convaincue d'envoyer ses photographies et ses confidences.
Je n'ai été déçu, ni par les unes, ni par les autres !
Paul.
07/06/2007 - Merci, charmante Doriane, c'est très sympathique de ta part d'avoir penser au Pays des Rousses !
Paul.
13 septembre 2006
07 juin 2007
12 février 2008 - - - Le soleil des Ardennes !
Ses confidences
Bonjour, et encore un grand merci pour ce site, qui m’a fait réaliser des tas de choses ; il est, c’est certain, une certaine source de réconfort.
Moi, c’est Doriane (plus connue sous le pseudonyme Calypsotitaua), je suis rousse depuis presque 21 ans : un matin de novembre où déjà le monsieur chargé de me mettre au monde fut étonné de ma couleur de cheveux déjà bien prononcée à la naissance. J’étais sa « première rousse ».
Ma maman parle souvent de cette anecdote, ça fait sourire tout le monde bien sûr, moi beaucoup moins. Elle me raconte également que beaucoup de monde avait à mon encontre des sourires de bienveillance et parfois même de petits mots gentils, certes, ça a bien changé avec le temps.
J’ai bien vite eu le droit à des surnoms peu flatteurs quand on est enfant, le premier en liste me fut attribué par mon grand-père qui dès que je pleurais disait en souriant : « Tiens la rousse-pète »… jusqu’alors, je ne m’en formalisais pas, trop petite pour comprendre. Mais déjà je voulais être blonde et avoir des yeux bleus.
Je n’étais pas différente, à mes yeux, jusqu’à l’âge de sept ans où une maîtresse est venue me chercher dans ma classe pour présenter à ses élèves ce qu’était la couleur rousse… ce moment, je le revois encore. À partir de là, peut-être est-ce parce que justement, je venais de réaliser ma « différence » mais il me semble que j’ai eu plus que jamais le droit à des : « poil de carotte » ou « rouquine ». Le plus douloureux était encore, lorsqu’ils sortaient de la bouche de mes frères. Tout cela sous le fond des : « tu as été adoptée, il n’y a pas de roux chez nous ».
Je me suis posé la question alors d’où venait cette couleur de cheveux atypique. Ma mère me disant que son grand-oncle était roux lui aussi, mais je suis comme st Thomas, je ne peux croire que ce que je vois. Et puis, il y a quelques années, on a appris que mon arrière-grand-père était Irlandais, de là s’est développée une passion pour ce pays et comme un déclic, je suis devenue fière d’être rousse et fière d’être la seule de ma famille.
Je suis rentrée au Lycée, fière comme la plupart des jeunes filles de se faire appeler : « lycéennes ». J’étais comme tout le monde, et puis il y a eu ce conseiller qui est venu me ramener un bracelet à mon prénom, me disant : « tu es la seule Doriane que je connaisse ». Certes, mais comment avait-il fait pour se rappeler de moi ? Je suis redescendue sur Terre, quoi qu’il arrive, être rousse, c’est ne pas pouvoir se fondre dans la masse.
Pourtant, j’ai pris de la confiance en moi, répondant inlassablement aux quelques insultes dont j’étais la proie, et hurlant contre ceux qui me disaient : « si tu n’es pas contente, fais-toi une teinture ». Pourquoi les personnes sont-elles aussi gênées lorsqu’on leur raconte les insultes que l’on subit, au point souvent de ne pas nous croire ? Puis j’ai dû déménager à dix-sept ans pour mes études, là j’ai grandi. Fini la gamine peu sûre d’elle, fini l’enfant honteuse qui gardait tout pour elle. Je n’avais que dix-sept ans, j’étais timide mais je devais vivre comme une grande. De là, être rousse n’était plus qu’un détail.
Aujourd’hui, j’en arrive à sourire lorsque l’on sort avec des amis dans des endroits peuplés et que pour se retrouver, je les entends dire : « on sera avec Doriane ». Inutile désormais de décrire la façon dont on s’habille… Plus ennuyeux quand on est en classe, impossible de faire de bêtises, notre visage (où plutôt cheveux) reste inlassablement.
Aujourd’hui, je m’amuse à voir les personnes me regarder un sourire en coin. Je souris à écouter tous ces préjugés que l’on a sur nous, les rousses. Dernièrement, une amie avec qui je passais des vacances pour la première fois m’a dit : « Bah ! Cela ne pue pas les rousses, tu sens même bon », j’ai éclaté de rire, me retenant de lui demander si réellement elle en avait douté… Finalement, je l’avoue, je m’amuse à soutenir les regards.
Alors encore, un grand merci pour m’aider à me sentir plus fière et chanceuse de jour en jour.